Images volées, films en basses résolutions, commentaires acidulés venus du net inondent les médias traditionnels. La patte de l’amateur n’a jamais autant fait recette. Les médias et leurs publics en sont friands. Sommes-nous en route vers les plus belles heures de l’info bidon ?

Achetez un dictaphone numérique (40 euros), un compact 6 millions de pixels (à moins de 100 euros), pourquoi pas un caméscope numérique (200 euros), prenez une connexion Internet à votre domicile et vous voilà équipé pour jouer les reporters indépendants. Ou bien, remplacer le tout par un de ces portables 3G, véritables concentrés de technologie et de fonctions, faisant de vous le parfait correspondant local, toujours opé. Pas besoin de dépenser plus. L’important n’est pas la qualité du document mais son impact sur le spectateur. Pour la valeur informative et documentaire du contenu, on repassera plus tard. Ce qui compte c’est de scotcher le dévoreur d’infos à l’écran. Choquer, écœurer, effrayer, exciter. Les médias classiques sont devenus les premiers clients de tout ce qui est “amateur”. Le marché de l’high-tech, la miniaturisation sont pour beaucoup dans ce phénomène. Des sommes souvent raisonnables (souvenez-vous du prix des premiers caméscopes analogiques au milieu des années 80, pas loin des 10 000 francs) suffisent à faire de chacun de nous des capteurs d’images, de sons mais aussi des diffuseurs ultra-réactifs grâce au net. Et pour tout cela, pas besoins de sortir de l’école Louis-Lumière, juste un peu de débrouille avec l’informatique.

J.T : le syndrome vidéo-gag

Les images ultra-pixellisées, les éclairages médiocres, les bandes-son quasi inaudibles, les mouvements violents de caméra s’affichent comme autant de marques de fabrique d’une vidéo produite par un amateur, souvent seul à cumuler les fonctions (cameraman, preneur de son, éventuellement interviewer), comptant sur la polyvalence de son petit matos pourtant plus adapté à l’usage domestique que médiatique. Parfois c’est le hasard qui poste l’amateur équipé “au bon endroit, au bon moment.” On se délecte de voir et revoir le film d’un touriste hypnotisé par la majesté des grattes ciels de Manhattan ayant stoppé son travelling sur l’arrivée surréaliste d’un Boeing sur les Twin-Towers ! Même chose pour cet Européen venu chercher le soleil sur les plages sri lankaises et qui se retrouve à immortaliser l’arrivée en trombe d’un tsunami (déc. 2004). Ces images ont fait le tour du monde des J.T ! Pour les photos complaisantes des tortionnaires de la prison américaine d’Abu Ghraïb (Irak) finalement dévoilées au public par CBS en avril 2004 ou la vidéo d’une intervention musclée de la police de Clichy-sous-bois (nov. 2005) filmée depuis un balcon, ou bien encore les photos-mobiles d’une rixe en Gare du Nord (mars 2007), les choses sont différentes. Dans chacun de ces cas, il y a une intention. La caméra DV, le portable ou le petit appareil photo sont brandis pour créer une trace de l’instant, de ces petits bouts d’événements auquel on assiste plus ou moins fortuitement. Dans de telles circonstances, l’amateur se met dans la peau d’un pro : il traque le scoop. Le témoin est dans le feu de l’action et a conscience de l’impact éventuel des images qu’il tourne. Il pense au moins à son entourage à qui il s’empressera de les montrer, peut-être espère-t-il déjà les monnayer aux médias ou les remettre à la justice si procès il y a. On peut aussi évoquer ces innombrables séquences des caméras de télésurveillances qui fournissent elles aussi quantité d’images chocs. Dernièrement, celle du Franprix de Franc-Moisin à Saint-Denis qui montrent l’agression à la batte du gérant posté à la surveillance des caisses (août 2007) a largement été diffusée. Les médias et leurs publics en sont friands. La qualité approximative de ces documents finit par créer un climat de tension autour de sa diffusion. Le spectateur frissonne et se prépare à voir le pire… On nage en plein voyeurisme. Certains journalistes professionnels en viennent même à plagier ce style “amateur” aux accents plus réalistes que les montages finement léchés. On pense évidemment à la presse à scandale. Mais ce flot d’images produit à l’échelle planétaire est-il à ce point révolutionnaire ? Et surtout qu’en faire ? Les chefs de rédactions plongent sur les documents jetés en pâture sur le net et leur offrent une place de choix dans les journaux jusqu’à confondre réactivité avec précipitation. C’est ainsi qu’au JT du 20 septembre, un PPDA se gargarise d’un scoop en diffusant une vidéo amateur soi-disant inédite de l’attentat du 11 septembre. Cette séquence circulait en fait sur le net depuis un an et avait été vue plus de 1,6 million de fois. C’est un internaute qui l’a prouvé ! C’est ainsi que la plupart des programmes TV puisent sur le net leurs sujets, leurs images jusqu’à faire figurer des vidéos sans aucun intérêt dans les JT. Que donne un énième visionnage de ce pathétique fan de Britney en pleure compatissant avec les malheurs de sa star préférée malmenée par la presse people ? Elle a été montrée sur LCI, la chaîne de l’info. Divertissement, info : c’est le mélange des genres !

Quand l’amateur participe au contenu

Sur le site de “Salut les terriens”, le rendez-vous hebdo d’Ardisson sur Canal +, l’invitation à fournir de la matière et à mâcher le travail des chroniqueurs de l’émission se résume ainsi : “Envoyez-nous vos vidéos”. Comme quoi la démarche de “vidéo gag” avait quelques foulées d’avance. L’avis des spectateurs peut être également sollicité. C’est le choix de certains programmes TV qui en appellent à l’envoi de réactions par SMS. Certains médias écrits, dans leur conception et la définition de leur ligne éditoriale, demandent même aux plumes non professionnelles de s’investir sur le contenu et de participer à la réflexion sur l’actualité. Ces nouveaux médias donnent un vrai rôle à l’amateur, au-delà de celui de simple témoin, on exprime sa citoyenneté. Agoravox créé en 2005 par la société Cybion, probablement le web citoyen le plus puissant avec bientôt 23 000 rédacteurs, offre son espace à toutes les propositions d’articles et de dessins. Différents comités veillent à la sélection des sujets qui paraîtront. Rue 89, dont on a plusieurs fois parlé dans les colonnes du Bouffon, parle d’ “info à trois voix : journalistes, experts, internautes”. L’ordre d’apparition n’est pas anodin : l’initiative de ce site au succès grandissant revient à une poignée d’anciens journalistes de Libé. Finalement, les innovations les plus sérieuses et porteuses en matière de média participatif résident dans la presse écrite non-imprimée. L’écrit, aussi orienté puisse-t-il être, semble avoir plus de mal à mentir et à faire illusion. Le choix des mots, le style d’écriture, le type d’argumentation en disent long sur l’auteur et son intention. Il suffit de regarder les commentaires qui fleurissent à la suite des articles, on y trouve un peu de tout : du commentaire éclairant jusqu’aux règlements de compte entre internautes.

Et si on ralentissait le zapping

Avec la généralisation de l’Internet, l’explosion des blogs, les trouvailles des médias pour valoriser l’interactivité, les spectateurs, lecteurs et autres consommateurs participent au contenu de l’information. La réactivité exceptionnelle qu’apporte l’ère numérique contribue à élargir considérablement la puissance de feu du journalisme. Les citoyens des pays les plus développés et les mieux équipés se font les témoins de leur temps, produisant une infinité de documents. Alors tous journalistes ? Disons qu’à la profusion de documents, les journalistes ne peuvent qu’opposer le souci de hiérarchiser, donner une place ou non à toutes ces contributions. La futilité, le voyeurisme sont des composantes clés du monde du net et la TV s’en délecte souvent : les images d’une journaliste vomissant en pleine émission, véhiculées sur le net via YouTube, ont été récupérées par l’équipe de journalistes d’Édition spéciale, l’émission d’info divertissement du midi sur Canal. Douteux non ? L’époque invite à rebondir d’une source d’info à l’autre, d’une photo volée à une vidéo. On zappe du rire aux larmes, de l’affreux à l’anodin en des temps records. Drôles d’exercices qui mènent à une banalisation inquiétante de l’horrible. Y a-t-il encore des images classées comme immontrables par les journalistes ou jugées irregardables par les spectateurs ? Plus grave encore : dans ce bombardement d’images, il est presque impossible de prendre du recul et de distinguer les images réelles, des vidéos truquées. Il arrive déjà à certains médias de gommer quelques bourrelets disgracieux de certaines photos, c’est un premier pas dans l’info bidon. Ces techniques sont au cœur du net, des millions d’amateurs connaissent le b-a-ba du trucage vidéo et de la retouche photo. Alors prudence ! Aux médias de ne pas se jeter sur n’importe quel document, comme un chien sur son os, et plutôt que de s’endormir sur les visionnages de Dailymotion de prendre l’air…

* “… Journalistes et producteurs d’images vont devoir intégrer une nouvelle dimension de leur métier : “recevoir des images amateurs et les labelliser par une contre-enquête et une vérification des sources”, estime Hervé Chabalier, patron de l’agence Capa. Partant de ce constat, ce professionnel reconnu a créé le Festival européen des 4 écrans – cinéma, télévision, Internet, mobiles – qui s’est tenu à Paris fin septembre”. Extrait d’un article paru dans Le Monde, 11 octobre 2007.




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Images volées, films en basses résolutions, commentaires acidulés venus du net inondent les médias traditionnels. La patte de l’amateur n’a jamais autant fait recette. Les médias et leurs publics en sont friands. Sommes-nous en route vers les plus belles heures de l’info bidon ?

Achetez un dictaphone numérique (40 euros), un compact 6 millions de pixels (à moins de 100 euros), pourquoi pas un caméscope numérique (200 euros), prenez une connexion Internet à votre domicile et vous voilà équipé pour jouer les reporters indépendants. Ou bien, remplacer le tout par un de ces portables 3G, véritables concentrés de technologie et de fonctions, faisant de vous le parfait correspondant local, toujours opé. Pas besoin de dépenser plus. L’important n’est pas la qualité du document mais son impact sur le spectateur. Pour la valeur informative et documentaire du contenu, on repassera plus tard. Ce qui compte c’est de scotcher le dévoreur d’infos à l’écran. Choquer, écœurer, effrayer, exciter. Les médias classiques sont devenus les premiers clients de tout ce qui est “amateur”. Le marché de l’high-tech, la miniaturisation sont pour beaucoup dans ce phénomène. Des sommes souvent raisonnables (souvenez-vous du prix des premiers caméscopes analogiques au milieu des années 80, pas loin des 10 000 francs) suffisent à faire de chacun de nous des capteurs d’images, de sons mais aussi des diffuseurs ultra-réactifs grâce au net. Et pour tout cela, pas besoins de sortir de l’école Louis-Lumière, juste un peu de débrouille avec l’informatique.

J.T : le syndrome vidéo-gag

Les images ultra-pixellisées, les éclairages médiocres, les bandes-son quasi inaudibles, les mouvements violents de caméra s’affichent comme autant de marques de fabrique d’une vidéo produite par un amateur, souvent seul à cumuler les fonctions (cameraman, preneur de son, éventuellement interviewer), comptant sur la polyvalence de son petit matos pourtant plus adapté à l’usage domestique que médiatique. Parfois c’est le hasard qui poste l’amateur équipé “au bon endroit, au bon moment.” On se délecte de voir et revoir le film d’un touriste hypnotisé par la majesté des grattes ciels de Manhattan ayant stoppé son travelling sur l’arrivée surréaliste d’un Boeing sur les Twin-Towers ! Même chose pour cet Européen venu chercher le soleil sur les plages sri lankaises et qui se retrouve à immortaliser l’arrivée en trombe d’un tsunami (déc. 2004). Ces images ont fait le tour du monde des J.T ! Pour les photos complaisantes des tortionnaires de la prison américaine d’Abu Ghraïb (Irak) finalement dévoilées au public par CBS en avril 2004 ou la vidéo d’une intervention musclée de la police de Clichy-sous-bois (nov. 2005) filmée depuis un balcon, ou bien encore les photos-mobiles d’une rixe en Gare du Nord (mars 2007), les choses sont différentes. Dans chacun de ces cas, il y a une intention. La caméra DV, le portable ou le petit appareil photo sont brandis pour créer une trace de l’instant, de ces petits bouts d’événements auquel on assiste plus ou moins fortuitement. Dans de telles circonstances, l’amateur se met dans la peau d’un pro : il traque le scoop. Le témoin est dans le feu de l’action et a conscience de l’impact éventuel des images qu’il tourne. Il pense au moins à son entourage à qui il s’empressera de les montrer, peut-être espère-t-il déjà les monnayer aux médias ou les remettre à la justice si procès il y a. On peut aussi évoquer ces innombrables séquences des caméras de télésurveillances qui fournissent elles aussi quantité d’images chocs. Dernièrement, celle du Franprix de Franc-Moisin à Saint-Denis qui montrent l’agression à la batte du gérant posté à la surveillance des caisses (août 2007) a largement été diffusée. Les médias et leurs publics en sont friands. La qualité approximative de ces documents finit par créer un climat de tension autour de sa diffusion. Le spectateur frissonne et se prépare à voir le pire… On nage en plein voyeurisme. Certains journalistes professionnels en viennent même à plagier ce style “amateur” aux accents plus réalistes que les montages finement léchés. On pense évidemment à la presse à scandale. Mais ce flot d’images produit à l’échelle planétaire est-il à ce point révolutionnaire ? Et surtout qu’en faire ? Les chefs de rédactions plongent sur les documents jetés en pâture sur le net et leur offrent une place de choix dans les journaux jusqu’à confondre réactivité avec précipitation. C’est ainsi qu’au JT du 20 septembre, un PPDA se gargarise d’un scoop en diffusant une vidéo amateur soi-disant inédite de l’attentat du 11 septembre. Cette séquence circulait en fait sur le net depuis un an et avait été vue plus de 1,6 million de fois. C’est un internaute qui l’a prouvé ! C’est ainsi que la plupart des programmes TV puisent sur le net leurs sujets, leurs images jusqu’à faire figurer des vidéos sans aucun intérêt dans les JT. Que donne un énième visionnage de ce pathétique fan de Britney en pleure compatissant avec les malheurs de sa star préférée malmenée par la presse people ? Elle a été montrée sur LCI, la chaîne de l’info. Divertissement, info : c’est le mélange des genres !

Quand l’amateur participe au contenu

Sur le site de “Salut les terriens”, le rendez-vous hebdo d’Ardisson sur Canal +, l’invitation à fournir de la matière et à mâcher le travail des chroniqueurs de l’émission se résume ainsi : “Envoyez-nous vos vidéos”. Comme quoi la démarche de “vidéo gag” avait quelques foulées d’avance. L’avis des spectateurs peut être également sollicité. C’est le choix de certains programmes TV qui en appellent à l’envoi de réactions par SMS. Certains médias écrits, dans leur conception et la définition de leur ligne éditoriale, demandent même aux plumes non professionnelles de s’investir sur le contenu et de participer à la réflexion sur l’actualité. Ces nouveaux médias donnent un vrai rôle à l’amateur, au-delà de celui de simple témoin, on exprime sa citoyenneté. Agoravox créé en 2005 par la société Cybion, probablement le web citoyen le plus puissant avec bientôt 23 000 rédacteurs, offre son espace à toutes les propositions d’articles et de dessins. Différents comités veillent à la sélection des sujets qui paraîtront. Rue 89, dont on a plusieurs fois parlé dans les colonnes du Bouffon, parle d’ “info à trois voix : journalistes, experts, internautes”. L’ordre d’apparition n’est pas anodin : l’initiative de ce site au succès grandissant revient à une poignée d’anciens journalistes de Libé. Finalement, les innovations les plus sérieuses et porteuses en matière de média participatif résident dans la presse écrite non-imprimée. L’écrit, aussi orienté puisse-t-il être, semble avoir plus de mal à mentir et à faire illusion. Le choix des mots, le style d’écriture, le type d’argumentation en disent long sur l’auteur et son intention. Il suffit de regarder les commentaires qui fleurissent à la suite des articles, on y trouve un peu de tout : du commentaire éclairant jusqu’aux règlements de compte entre internautes.

Et si on ralentissait le zapping

Avec la généralisation de l’Internet, l’explosion des blogs, les trouvailles des médias pour valoriser l’interactivité, les spectateurs, lecteurs et autres consommateurs participent au contenu de l’information. La réactivité exceptionnelle qu’apporte l’ère numérique contribue à élargir considérablement la puissance de feu du journalisme. Les citoyens des pays les plus développés et les mieux équipés se font les témoins de leur temps, produisant une infinité de documents. Alors tous journalistes ? Disons qu’à la profusion de documents, les journalistes ne peuvent qu’opposer le souci de hiérarchiser, donner une place ou non à toutes ces contributions. La futilité, le voyeurisme sont des composantes clés du monde du net et la TV s’en délecte souvent : les images d’une journaliste vomissant en pleine émission, véhiculées sur le net via YouTube, ont été récupérées par l’équipe de journalistes d’Édition spéciale, l’émission d’info divertissement du midi sur Canal. Douteux non ? L’époque invite à rebondir d’une source d’info à l’autre, d’une photo volée à une vidéo. On zappe du rire aux larmes, de l’affreux à l’anodin en des temps records. Drôles d’exercices qui mènent à une banalisation inquiétante de l’horrible. Y a-t-il encore des images classées comme immontrables par les journalistes ou jugées irregardables par les spectateurs ? Plus grave encore : dans ce bombardement d’images, il est presque impossible de prendre du recul et de distinguer les images réelles, des vidéos truquées. Il arrive déjà à certains médias de gommer quelques bourrelets disgracieux de certaines photos, c’est un premier pas dans l’info bidon. Ces techniques sont au cœur du net, des millions d’amateurs connaissent le b-a-ba du trucage vidéo et de la retouche photo. Alors prudence ! Aux médias de ne pas se jeter sur n’importe quel document, comme un chien sur son os, et plutôt que de s’endormir sur les visionnages de Dailymotion de prendre l’air…

* “… Journalistes et producteurs d’images vont devoir intégrer une nouvelle dimension de leur métier : “recevoir des images amateurs et les labelliser par une contre-enquête et une vérification des sources”, estime Hervé Chabalier, patron de l’agence Capa. Partant de ce constat, ce professionnel reconnu a créé le Festival européen des 4 écrans – cinéma, télévision, Internet, mobiles – qui s’est tenu à Paris fin septembre”. Extrait d’un article paru dans Le Monde, 11 octobre 2007.



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