Réalisation : Jacques Tati - Production : Spectra Film, J. Tati -Scénario/Dialogues : J.Tati, Jacques Lagrange - Photo : Jean Badal, Andreas Winding-Musique : Francis Lemarque-Décors : Eugène - Roman-Montage : Gérard Pollicand Avec : J.Tati, Barbara Dennek, Georges Montant, Reinhardt Koldehoff, France Rumilly, Yves Barsacq.

 l’aérogare d’Orly, à l’aube, un groupe de touristes américains débarque pour une visite de 24 heures. Ils sont conduits à leur hôtel situé dans un immense building de verre. C’est là que M. Hulot (Jacques Tati) cherche en vain un chef de service et se perd dans un dédale de couloirs vides et de baies vitrées lui faisant apparaître son interlocuteur là où il n’est pas. Le soir, il participe à l’inauguration d’un nouveau restaurant, le Royal Garden. Les travaux étant à peine achevés, la soirée tourne à la catastrophe. Dans un affolement total, tout un monde bigarré se bouscule. Monsieur Hulot danse avec une jeune américaine (Barbara Dennek) jusqu’à l’aube. Il ne pourra lui dire adieu, étant resté bloqué à un guichet automatique dans un supermarché.
Jacques Tatischeff débute sur scène au music-hall au milieu des années 30. Essentiellement visuel, son comique s’apparente à l’art de la pantomime. Il rencontre un grand succès. Venu à la réalisation par le court-métrage, il ne signera que 6 films en 35 ans de carrière : Jour de fête (1949), Les Vacances de M. Hulot (1953), Mon oncle (1958), Playtime (1967), Traffic (1971) et Parade (1974). Tout au long de son œuvre Tati pointera le doigt sur le modernisme déshumanisant et la gadgétisation des valeurs. Cette optique coïncidera avec une défaveur croissante de la part du grand public et des milieux de la production. Comme par l’effet d’un réflexe d’autodéfense, ce système qu’il égratigne si volontiers, semble en effet ne pas lui pardonner son impertinence. Totalement ruiné, Jacques Tati meurt en 1982.
Près de 10 ans séparent les sorties de Mon oncle et de Playtime. Dix ans de préparation, de voyages, de contruction d’un décor géant dans un terrain vague, de prises de vues en 70 m/m, de montage... Playtime, tourné pour l’essentiel en 1964 ne sortira que fin 1967. C’est le grand œuvre de Tati ; ce sera aussi son plus gros échec commercial.
Dans Playtime, le plan d’ensemble est roi. Pour Tati, il s’agit moins de trouver un gag, de le secouer sur le spectateur que d’épuiser, à partir d’une situation donnée, tous les gags imaginables à tel point que, dans ce film, il est impossible à une rétine normale de percevoir les situations simultanées qui jaillissent et se prolongent jusqu’à l’absurde, à l’insoutenable (cf. la scène de l’inauguration du restaurant). Le malaise s’installe, on a l’impression qu’il va se produire quelque chose dans lequel on est et qui nous sera préjudiciable, quelque chose qui nous laissera pantelant et désarmé. Le comique chez Tati est au niveau des grands maîtres du Burlesque ; son art est subversif. Comme l’énonce Yves Martin dans son ouvrage Un jeune homme au fil des vagues, il faut chercher l’originalité de Tati tout d’abord dans la simplicité.
Nous sommes près de l’esquisse, du trait, du croquis en demi-teinte. Rien qui vise en soi à l’effet pour l’effet ; la drôlerie découle naturellement d’une prise directe avec la réalité. Playtime est riche de tout ce qui manque au cinéma “comique” français de ce début de siècle : poésie et point de vue social, entre autres.




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Réalisation : Jacques Tati - Production : Spectra Film, J. Tati -Scénario/Dialogues : J.Tati, Jacques Lagrange - Photo : Jean Badal, Andreas Winding-Musique : Francis Lemarque-Décors : Eugène - Roman-Montage : Gérard Pollicand Avec : J.Tati, Barbara Dennek, Georges Montant, Reinhardt Koldehoff, France Rumilly, Yves Barsacq.

 l’aérogare d’Orly, à l’aube, un groupe de touristes américains débarque pour une visite de 24 heures. Ils sont conduits à leur hôtel situé dans un immense building de verre. C’est là que M. Hulot (Jacques Tati) cherche en vain un chef de service et se perd dans un dédale de couloirs vides et de baies vitrées lui faisant apparaître son interlocuteur là où il n’est pas. Le soir, il participe à l’inauguration d’un nouveau restaurant, le Royal Garden. Les travaux étant à peine achevés, la soirée tourne à la catastrophe. Dans un affolement total, tout un monde bigarré se bouscule. Monsieur Hulot danse avec une jeune américaine (Barbara Dennek) jusqu’à l’aube. Il ne pourra lui dire adieu, étant resté bloqué à un guichet automatique dans un supermarché.
Jacques Tatischeff débute sur scène au music-hall au milieu des années 30. Essentiellement visuel, son comique s’apparente à l’art de la pantomime. Il rencontre un grand succès. Venu à la réalisation par le court-métrage, il ne signera que 6 films en 35 ans de carrière : Jour de fête (1949), Les Vacances de M. Hulot (1953), Mon oncle (1958), Playtime (1967), Traffic (1971) et Parade (1974). Tout au long de son œuvre Tati pointera le doigt sur le modernisme déshumanisant et la gadgétisation des valeurs. Cette optique coïncidera avec une défaveur croissante de la part du grand public et des milieux de la production. Comme par l’effet d’un réflexe d’autodéfense, ce système qu’il égratigne si volontiers, semble en effet ne pas lui pardonner son impertinence. Totalement ruiné, Jacques Tati meurt en 1982.
Près de 10 ans séparent les sorties de Mon oncle et de Playtime. Dix ans de préparation, de voyages, de contruction d’un décor géant dans un terrain vague, de prises de vues en 70 m/m, de montage... Playtime, tourné pour l’essentiel en 1964 ne sortira que fin 1967. C’est le grand œuvre de Tati ; ce sera aussi son plus gros échec commercial.
Dans Playtime, le plan d’ensemble est roi. Pour Tati, il s’agit moins de trouver un gag, de le secouer sur le spectateur que d’épuiser, à partir d’une situation donnée, tous les gags imaginables à tel point que, dans ce film, il est impossible à une rétine normale de percevoir les situations simultanées qui jaillissent et se prolongent jusqu’à l’absurde, à l’insoutenable (cf. la scène de l’inauguration du restaurant). Le malaise s’installe, on a l’impression qu’il va se produire quelque chose dans lequel on est et qui nous sera préjudiciable, quelque chose qui nous laissera pantelant et désarmé. Le comique chez Tati est au niveau des grands maîtres du Burlesque ; son art est subversif. Comme l’énonce Yves Martin dans son ouvrage Un jeune homme au fil des vagues, il faut chercher l’originalité de Tati tout d’abord dans la simplicité.
Nous sommes près de l’esquisse, du trait, du croquis en demi-teinte. Rien qui vise en soi à l’effet pour l’effet ; la drôlerie découle naturellement d’une prise directe avec la réalité. Playtime est riche de tout ce qui manque au cinéma “comique” français de ce début de siècle : poésie et point de vue social, entre autres.



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