Les amis, mes camarades, mes frères étudiants ou lycéens, vous déconnez ! 
Quelle est donc cette marotte que vous avez chevillée au corps depuis des décennies et des décennies : occuper les locaux de la fac ou du bahut, dès que vous avez un tout petit problème avec un quelconque ministre ? Soixante-huit, loi Fillon, CPE, que sais-je encore ? Toutes ces sortes de choses, et je suis certain que vous en conviendrez aisément, ne sont que vétilles et broutilles.
De plus, n’oubliez pas un détail pourtant essentiel chers camarades, l’occupation des locaux, forcenée et illégale, peut empêcher certains travailleurs issus des masses laborieuses d’effectuer leur mission ; mission, qui à grand renfort de sacrifices, leur permet de faire vivre, femmes, enfants, cousines et maîtresses. Je ne citerai qu’un exemple, un exemple poignant, un exemple qui devrait vous faire frémir, qui devrait peut-être même vous glacer d’horreur, celui des forces de l’ordre. Les forces de l’ordre qui ne demandent qu’à vous aider, qui n’aspirent qu’à une chose, nettoyer la fac, éventuellement même au Karcher pour faire retrouver au campus ses belles couleurs d’origine, ses vraies valeurs ; en fait ce que vous recherchez vous aussi chers camarades.
Sachez-le, vous n’êtes pas encore formés aux tâches ménagères, seuls des professionnels aguerris, surentraînés, sachant parfaitement manier les produits vaisselle ou autres peuvent nettoyer rapidement et efficacement un campus, une usine, un local de travailleurs immigrés.
Pour le moment, chers camarades, vous ne soulevez, pour écrire l’histoire, que quelques feuilles de papier et un stylo ; imaginez-vous un instant écrivant ladite histoire avec un bouclier, une matraque, des lacrymos et une paire de brodequins... autrement plus ardu. De plus, je me permets de vous faire remarquer que les forces de l’ordre organisent très fréquemment des journées « portes ouvertes », journées auxquelles vous êtes presque systématiquement conviés, et ce pour participer à de grandes et généreuses discussions à bâtons rompus autour du verre de l’amitié.
Et vous, en contrepartie, les invitez-vous à une brève visite guidée du campus, à un petit entretien, même dans le plus modeste des amphis ? Non, rien de tout cela ; vous vous contentez de leur donner quelques épisodiques rendez-vous au beau milieu de la rue. La discussion tournant parfois court, vous vous sentez obligés de leur balancer des cannettes de bière au visage, alors que vous savez pertinemment que ces gens sont farouchement anti-alcool. Non, je vous en conjure chers camarades, allez la main tendue vers la matraque amie.

 




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Les amis, mes camarades, mes frères étudiants ou lycéens, vous déconnez ! 
Quelle est donc cette marotte que vous avez chevillée au corps depuis des décennies et des décennies : occuper les locaux de la fac ou du bahut, dès que vous avez un tout petit problème avec un quelconque ministre ? Soixante-huit, loi Fillon, CPE, que sais-je encore ? Toutes ces sortes de choses, et je suis certain que vous en conviendrez aisément, ne sont que vétilles et broutilles.
De plus, n’oubliez pas un détail pourtant essentiel chers camarades, l’occupation des locaux, forcenée et illégale, peut empêcher certains travailleurs issus des masses laborieuses d’effectuer leur mission ; mission, qui à grand renfort de sacrifices, leur permet de faire vivre, femmes, enfants, cousines et maîtresses. Je ne citerai qu’un exemple, un exemple poignant, un exemple qui devrait vous faire frémir, qui devrait peut-être même vous glacer d’horreur, celui des forces de l’ordre. Les forces de l’ordre qui ne demandent qu’à vous aider, qui n’aspirent qu’à une chose, nettoyer la fac, éventuellement même au Karcher pour faire retrouver au campus ses belles couleurs d’origine, ses vraies valeurs ; en fait ce que vous recherchez vous aussi chers camarades.
Sachez-le, vous n’êtes pas encore formés aux tâches ménagères, seuls des professionnels aguerris, surentraînés, sachant parfaitement manier les produits vaisselle ou autres peuvent nettoyer rapidement et efficacement un campus, une usine, un local de travailleurs immigrés.
Pour le moment, chers camarades, vous ne soulevez, pour écrire l’histoire, que quelques feuilles de papier et un stylo ; imaginez-vous un instant écrivant ladite histoire avec un bouclier, une matraque, des lacrymos et une paire de brodequins... autrement plus ardu. De plus, je me permets de vous faire remarquer que les forces de l’ordre organisent très fréquemment des journées « portes ouvertes », journées auxquelles vous êtes presque systématiquement conviés, et ce pour participer à de grandes et généreuses discussions à bâtons rompus autour du verre de l’amitié.
Et vous, en contrepartie, les invitez-vous à une brève visite guidée du campus, à un petit entretien, même dans le plus modeste des amphis ? Non, rien de tout cela ; vous vous contentez de leur donner quelques épisodiques rendez-vous au beau milieu de la rue. La discussion tournant parfois court, vous vous sentez obligés de leur balancer des cannettes de bière au visage, alors que vous savez pertinemment que ces gens sont farouchement anti-alcool. Non, je vous en conjure chers camarades, allez la main tendue vers la matraque amie.

 



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