Le Salon du livre de jeunesse du pays de Lorient s’est déroulé du 6 au 10 décembre 2006.


Organisé par le collectif de la Compagnie des livres, mêlant professionnels et bénévoles, associatifs, enseignants, bibliothécaires, coordonné par la Ligue de l’Enseignement, cet événement est très original. Contrairement à beaucoup d’autres salons aux allures de supermarchés du livre, le salon de Lorient est résolument un outil d’éducation populaire où, non seulement le livre, les auteurs et l’édition sont présents mais surtout le plaisir de lire avec cette multitude d’outils d’animation. Les kamishibaï et autres espaces construits autour d’une œuvre ou d’un auteur donnent une couleur particulière. Les enfants ne s’y trompent pas, eux qui butinent avec plaisir dans le “tunnel” d’A. Browne, sous les diverses “cabanes à histoire”, devant la sirène de “Raymond”, émerveillés par le “parasol de théâtre chinois” imaginé par une artiste étudiante... Cette édition a honoré son nom : “passeurs d’imaginaire”. S’ajoutent à ces formes de médiation, lectures plaisir pour grands et petits, des spectacles de petite forme théâtrale et des rencontres d’auteurs heureux d’y trouver cette ambiance. Côté éditeurs, cette année Milan entrait en résonance avec le petit nouveau (depuis 2002) Sarbacane et ses pris partis étranges et poétiques.
Dans ce salon unique, la lecture à voix haute est mise à l’honneur dans le ruissellement de richesses de la littérature jeunesse. Prenez rendez-vous pour l’année prochaine.

Nouvelles vertes - Ouvrage collectif, préface d’H. Reeves Th. Magnier, 2005


Un poème d’Hubert Reeves ouvre ce recueil de textes brefs et durs. Ce livre imaginé pour les adolescents avec quelques auteurs reconnus de la littérature jeunesse, fera froid dans le dos des adultes. Dans une veine anticipatrice, P. Bordage, un des maîtres de la science-fiction française, ouvre le bal par un cauchemar sur les bords de la Loire. Ses suivants ne sont pas en reste, ancrés dans le réel ou un avenir, parfois terrifiants. Une charge contre la bêtise et l’inconscience d’une partie de l’humanité mais aussi un appel à la mobilisation pour dépasser le cynisme des puissants.

Pour les “petits” :“Le grand méchant maître” - Cédric Hahn Casterman, 2006
Les animaux attendent impatiemment leur nouvel instituteur, et sa drôle de dégaine ne les troublera pas, y compris le meilleur d’entre eux, le petit agneau, jusqu’à... Avec des dessins expressifs et une dextérité dans le détournement, l’auteur joue habilement sur le plaisir d’avoir peur des contes classiques.

Pour les “grands” (ceux qui savent lire seuls) :Jeu de piste à Volubilis - Max Ducos Sarbacane, 2006
Une jeune fille découvre des indices disséminés dans sa maison. Un parcours passionnant la conduira à un jardin secret, en dix étapes. Coup d’essai, coup de maître pour ce jeune auteur issu de l’école des “Arts Déco”, qui mêle dessin, architecture et vision cinématographique.

Tonino Benacquista et Jacques Tardi, Le Serrurier volant, Estuaire, 2006, 15 euros


Tout commence par une belle histoire. Quand l’éditeur présente le principe de la collection à Benacquista (un écrivain/un illustrateur) lui, le scribouillard, il a bien une idée de qui il voudrait comme compagnon de route, mais bon il sait bien que ce serait trop beau et puis il a sans doute plein de trucs en cour le Tardi ; et lorsque notre éditeur rencontre le soir même le dit Tardi, celui-là aussi rêvasse à un partenaire mais bon Monsieur Tonino a, c’est sûr, d’autres chats à fouetter ; alors là notre éditeur il est cloué sur place ! ils se voulaient, ils se sont eus ! et voilà le résultat : du polar noir qui donne des frissons dans le dos ; on se lèche les babines tellement c’est bien ficelé ; faut dire, il y a aussi du Audiard dans l’air ! Avis aux amateurs !

Richard Powers, Le temps où nous chantions, Cherche Midi, 2006, 24 euros


Un chef-d’œuvre ! Richard Power, qui vient de recevoir le National Award Book pour un livre qui paraîtra en France en 2008, nous offre ici un magnifique moment de lecture. Immergée dans la musique, la famille Storm à l’identité métissée - le père est un juif allemand émigré à la veille de la guerre, la mère une femme noire américaine - tente de se protéger du racisme en vivant recroquevillée sur elle-même. Mais en s’affirmant dans l’existence les trois enfants entérineront définitivement l’éclatement de ce microcosme fragile par des engagements antagoniques. Fresque sans concession des soixante dernières décennies américaines, Le Temps où nous chantions est aussi un grand roman sur la musique dont l’écriture élégante poétique mais aussi dense et puissante recèle un véritable ravissement. Il ne faut pas passer à côté !

Georges Darien le réfractaire.


Dans la famille des écrivains anarchistes du XIXe siècle, Georges Darien (1862-1921) fait bonne figure. Admiré par Alfred Jarry, Alphonse Allais et même André Breton, il est devenu un auteur très prisé des milieux libertaires.
Élevé par une belle-mère catholique bigote, sa réaction est très vive et il passe à un anticléricalisme intransigeant. Il s’engage alors dans l’armée où son insoumission lui vaut 33 mois dans un bataillon disciplinaire à Biribi (Tunisie). Biribi est le titre de l’un de ses principaux romans où il décrit les conditions de vie inhumaines de l’endroit.
Mais c’est son livre “Le voleur” (remarquablement mis en scène par Louis Malle) qui lui vaut aujourd’hui une certaine notoriété. Il s’agirait sans nul doute d’une œuvre autobiographique. Entre 1891 et 1897, il disparaît. Voyages en Belgique, en Allemagne et en Angleterre. Il en revient avec un manuscrit qui donne naissance à Randal, héros qui va de larcin en larcin. Pamphlétaire virulent, il collabora par ailleurs à plusieurs revues anarchistes dont l’“Escarmouche” et l’“Ennemi du peuple”. À voir sur internet le très bon site excentriques.com où Georges Darien côtoie Arthur Cravan, Jacques Rigaut, le baron Corvo et bien d’autres allumés.




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Le Salon du livre de jeunesse du pays de Lorient s’est déroulé du 6 au 10 décembre 2006.


Organisé par le collectif de la Compagnie des livres, mêlant professionnels et bénévoles, associatifs, enseignants, bibliothécaires, coordonné par la Ligue de l’Enseignement, cet événement est très original. Contrairement à beaucoup d’autres salons aux allures de supermarchés du livre, le salon de Lorient est résolument un outil d’éducation populaire où, non seulement le livre, les auteurs et l’édition sont présents mais surtout le plaisir de lire avec cette multitude d’outils d’animation. Les kamishibaï et autres espaces construits autour d’une œuvre ou d’un auteur donnent une couleur particulière. Les enfants ne s’y trompent pas, eux qui butinent avec plaisir dans le “tunnel” d’A. Browne, sous les diverses “cabanes à histoire”, devant la sirène de “Raymond”, émerveillés par le “parasol de théâtre chinois” imaginé par une artiste étudiante... Cette édition a honoré son nom : “passeurs d’imaginaire”. S’ajoutent à ces formes de médiation, lectures plaisir pour grands et petits, des spectacles de petite forme théâtrale et des rencontres d’auteurs heureux d’y trouver cette ambiance. Côté éditeurs, cette année Milan entrait en résonance avec le petit nouveau (depuis 2002) Sarbacane et ses pris partis étranges et poétiques.
Dans ce salon unique, la lecture à voix haute est mise à l’honneur dans le ruissellement de richesses de la littérature jeunesse. Prenez rendez-vous pour l’année prochaine.

Nouvelles vertes - Ouvrage collectif, préface d’H. Reeves Th. Magnier, 2005


Un poème d’Hubert Reeves ouvre ce recueil de textes brefs et durs. Ce livre imaginé pour les adolescents avec quelques auteurs reconnus de la littérature jeunesse, fera froid dans le dos des adultes. Dans une veine anticipatrice, P. Bordage, un des maîtres de la science-fiction française, ouvre le bal par un cauchemar sur les bords de la Loire. Ses suivants ne sont pas en reste, ancrés dans le réel ou un avenir, parfois terrifiants. Une charge contre la bêtise et l’inconscience d’une partie de l’humanité mais aussi un appel à la mobilisation pour dépasser le cynisme des puissants.

Pour les “petits” :“Le grand méchant maître” - Cédric Hahn Casterman, 2006
Les animaux attendent impatiemment leur nouvel instituteur, et sa drôle de dégaine ne les troublera pas, y compris le meilleur d’entre eux, le petit agneau, jusqu’à... Avec des dessins expressifs et une dextérité dans le détournement, l’auteur joue habilement sur le plaisir d’avoir peur des contes classiques.

Pour les “grands” (ceux qui savent lire seuls) :Jeu de piste à Volubilis - Max Ducos Sarbacane, 2006
Une jeune fille découvre des indices disséminés dans sa maison. Un parcours passionnant la conduira à un jardin secret, en dix étapes. Coup d’essai, coup de maître pour ce jeune auteur issu de l’école des “Arts Déco”, qui mêle dessin, architecture et vision cinématographique.

Tonino Benacquista et Jacques Tardi, Le Serrurier volant, Estuaire, 2006, 15 euros


Tout commence par une belle histoire. Quand l’éditeur présente le principe de la collection à Benacquista (un écrivain/un illustrateur) lui, le scribouillard, il a bien une idée de qui il voudrait comme compagnon de route, mais bon il sait bien que ce serait trop beau et puis il a sans doute plein de trucs en cour le Tardi ; et lorsque notre éditeur rencontre le soir même le dit Tardi, celui-là aussi rêvasse à un partenaire mais bon Monsieur Tonino a, c’est sûr, d’autres chats à fouetter ; alors là notre éditeur il est cloué sur place ! ils se voulaient, ils se sont eus ! et voilà le résultat : du polar noir qui donne des frissons dans le dos ; on se lèche les babines tellement c’est bien ficelé ; faut dire, il y a aussi du Audiard dans l’air ! Avis aux amateurs !

Richard Powers, Le temps où nous chantions, Cherche Midi, 2006, 24 euros


Un chef-d’œuvre ! Richard Power, qui vient de recevoir le National Award Book pour un livre qui paraîtra en France en 2008, nous offre ici un magnifique moment de lecture. Immergée dans la musique, la famille Storm à l’identité métissée - le père est un juif allemand émigré à la veille de la guerre, la mère une femme noire américaine - tente de se protéger du racisme en vivant recroquevillée sur elle-même. Mais en s’affirmant dans l’existence les trois enfants entérineront définitivement l’éclatement de ce microcosme fragile par des engagements antagoniques. Fresque sans concession des soixante dernières décennies américaines, Le Temps où nous chantions est aussi un grand roman sur la musique dont l’écriture élégante poétique mais aussi dense et puissante recèle un véritable ravissement. Il ne faut pas passer à côté !

Georges Darien le réfractaire.


Dans la famille des écrivains anarchistes du XIXe siècle, Georges Darien (1862-1921) fait bonne figure. Admiré par Alfred Jarry, Alphonse Allais et même André Breton, il est devenu un auteur très prisé des milieux libertaires.
Élevé par une belle-mère catholique bigote, sa réaction est très vive et il passe à un anticléricalisme intransigeant. Il s’engage alors dans l’armée où son insoumission lui vaut 33 mois dans un bataillon disciplinaire à Biribi (Tunisie). Biribi est le titre de l’un de ses principaux romans où il décrit les conditions de vie inhumaines de l’endroit.
Mais c’est son livre “Le voleur” (remarquablement mis en scène par Louis Malle) qui lui vaut aujourd’hui une certaine notoriété. Il s’agirait sans nul doute d’une œuvre autobiographique. Entre 1891 et 1897, il disparaît. Voyages en Belgique, en Allemagne et en Angleterre. Il en revient avec un manuscrit qui donne naissance à Randal, héros qui va de larcin en larcin. Pamphlétaire virulent, il collabora par ailleurs à plusieurs revues anarchistes dont l’“Escarmouche” et l’“Ennemi du peuple”. À voir sur internet le très bon site excentriques.com où Georges Darien côtoie Arthur Cravan, Jacques Rigaut, le baron Corvo et bien d’autres allumés.



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