Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Le petit livre des couleurs, Éditions Panama, 2005, 12 euros
Michel Pastoureau est anthropologue et historien. Depuis de nombreuses années déjà son objet d’étude est la couleur. Il en retrace l’histoire, décrypte les codes et les symboles qu’elle véhicule. Regardez autour de vous et vous constaterez que vous n’avez pas la moindre idée de l’origine des sens associés aux couleurs qui vous entourent. Pourquoi rions-nous parfois jaune ? Pourquoi sommes-nous verts de peur ? Qui a décidé que les débutants ou les débutantes étaient des bleu(e)s ? Les couleurs ne sont pas anodines. Elles sont le fruit d’une histoire culturelle longue et complexe qui structure notre imaginaire ainsi que nos comportements. Le jaune, par exemple, est une couleur mal aimée en occident au moyen âge. Elle est infamante, c’est la couleur des traîtres. Les impressionnistes la réhabilitent à la fin du XIXème et le sport utilise cette couleur pour symboliser la victoire au XXème . Pourtant les briseurs de grèves sont toujours appelés des jaunes. Une histoire colorée à découvrir.


Jean-Pierre Andrevon, Le monde enfin, Fleuve Noir, 2006, 20 euros

Au début du XXIe siècle, une terrible pandémie supprime la quasi-totalité de la population humaine en quelques jours. Le virus PISCRA est également responsable de la stérilité des rares survivants. Le sort de l’humanité semble scellé. Un roman de science-fiction dans lequel les destins des quelques survivants dessinent un monde en voie de disparition. Avec dans le désordre ou par ordre de disparition : un militaire qui se réveille 45 ans après la catastrophe dans une base américaine à l’abandon ; un vieillard traversant une France qui ressemble de plus en plus à un espace sauvage ; une petite fille élevée par sa mère dans une cave et qui devient la princesse des rats ; des astronautes envoyés juste avant la pandémie hors du système solaire et qui ont la surprise de revenir sur terre 40 ans plus tard ; une femme qui survit tant bien que mal pendant des années à la recherche d’un homme pour la féconder. Drôle de roman. Heureusement notre réalité est là pour nous rassurer. Enfin, j’espère...

Larry Beinhart, Le bibliothécaire, Gallimard, 2005, 24 euros

L’auteur de Reality Show nous revient une fois encore avec un thriller politique et s’en prend désormais à Bush fils et à son administration pour démonter le fonctionnement mafieux de cette aristocratie qui ne recule devant rien pour assouvir ses ambitions lucratives sous couvert de croisade pour le Bien. L’action se déroule à une semaine des élections présidentielles qui opposent la première candidate femme démocrate au président républicain sortant. David Golberg que rien ne prédispose à l’action se retrouve embauché comme bibliothécaire privé par Alan Stowe, vieil industriel sans scrupule et bailleur de fonds du parti Républicain, pour mettre de l’ordre dans ses archives. Mais cela n’est pas du goût de tout le monde et la Sécurité intérieure, milice au service du pouvoir, va tenter de se débarrasser de ce témoin gênant. Goldberg et ses acolytes doivent trouver l’information qui rend le bibliothécaire si dangereux. Manipulation de l’opinion publique, abus de pouvoir, corruption, lois liberticides... bref tout y passe dans cette critique aiguisée du pouvoir de l’argent.

Audrey, Jérôme et Anne-Claire Jouvray, Lincoln t.4 Châtiments corporels, Paquet, 2006, 11 euros

Une nouvelle aventure d’un antihéros qui fait ouvertement et continuellement la gueule, traînant sa vie sans en tirer la moindre satisfaction, j’ai nommé Lincoln, tête de pioche devant l’Eternel (et ce n’est pas une métaphore !). Pour ceux qui n’ont pas suivi, rappelons que Lincoln est né dans un bordel duquel il s’est fait éjecter à coup de bottes pour tomber directement dans les bras de Dieu, petit paysan à sandales, que les brebis égarées émeuvent. Après lui avoir conféré l’immortalité, Dieu entend bien faire de notre pauvre bougre son disciple, justicier sur terre. Mais la tâche est rude surtout quand le diable s’en mêle. Après maintes péripéties et cinq ans de silence divin, nous retrouvons Lincoln chef de brigade véreux à New York, à nouveau harcelé par le petit dieu à sandales qui aurait bien une petite mission à lui faire accomplir. L’action finale est parfaitement désopilante et les dialogues toujours aussi bons. Ah ! bonté divine quand tu nous tiens !

Domenico Losurdo, Le révisionnisme en histoire, Albin Michel, 2006 - 24 euros

Où l’on apprend que la culture libérale est à l’origine de la terreur de masse et du totalitarisme du XXe siècle. Diantre, le libéralisme ne sera pas la panacée annoncée !

Offensive

Cette revue trimestrielle, coûte 3 euros et contient d’excellents dossiers (culture de classe ou [in] culture de masse pour le numéro de mars). Si la vulgate ultra-libérale commence à vous courir sur le haricot, vous allez en redemander.

Kawakami Hiromi, Les années douces, Piquier poche, 2005 - 7,50 euros.

Un roman japonais qui questionne subtilement les rapports de l’amour et de la vieillesse. Tsukiko croise par hasard son ancien professeur de japonais. Ils se rapprochent insensiblement au fil du temps dans un quotidien fait de simplicité, conté avec une délicatesse envoûtante.

Transfuge.

Une revue de littérature étrangère bimestrielle bien documentée qui mérite le détour malgré un tarif un peu onéreux (8,50 euros).

Alain Dewerpa, Charonne, 8 février 1962, Folio, 2006 - 10 euros.

Une anatomie de la violence d’état et du meurtre politique en démocratie. Un travail fouillé sur une répression tragique avec dans les premiers rôles un certain Papon.

Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta, coll. Babel, Actes Sud, 2006
Vient de sortir en poche ce texte gorgé de soleil, de dureté et d’humanisme ; l’histoire d’une famille des Pouilles au sud de l’Italie, d’une lignée fondée sur un viol. Sur les versants âpres et rocailleux de Montepuccio, auxquels ils sont éperdument attachés, les Scorta, pauvres et maudits, se transmettent à travers les générations une fierté farouche et une rage de vivre nées d’un secret.

Serge Latouche, Survivre au développement, Mille et une nuits, 2005, 2,50 euros

Un économiste engagé dans la critique de l’économisme et du développementisme. Pas de grandes théories mais un discours clair et accessible pour remettre les pendules à l’heure. “Selon le rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) de 1998, si la richesse de la planète a été multipliée par six depuis 1950, le revenu moyen des habitants (dans 100 des 174 pays recensés) est en pleine régression, tout comme l’espérance de vie. Les trois personnes les plus riches du monde ont une fortune supérieure au PIB total des 48 pays les plus pauvres ! Le patrimoine des 15 individus les plus fortunés dépasse le PIB de toute l’Afrique subsaharienne. La fortune des 32 personnes les plus riches du monde dépasse le PIB total de l’Asie du sud. Les avoirs des 84 personnes les plus riches surpassent le PIB de la Chine avec son 1,2 milliard d’habitants !” Des chiffres et des mises en rapport qui donnent à réfléchir sur notre système économique et ses finalités.

 

 

 




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Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Le petit livre des couleurs, Éditions Panama, 2005, 12 euros
Michel Pastoureau est anthropologue et historien. Depuis de nombreuses années déjà son objet d’étude est la couleur. Il en retrace l’histoire, décrypte les codes et les symboles qu’elle véhicule. Regardez autour de vous et vous constaterez que vous n’avez pas la moindre idée de l’origine des sens associés aux couleurs qui vous entourent. Pourquoi rions-nous parfois jaune ? Pourquoi sommes-nous verts de peur ? Qui a décidé que les débutants ou les débutantes étaient des bleu(e)s ? Les couleurs ne sont pas anodines. Elles sont le fruit d’une histoire culturelle longue et complexe qui structure notre imaginaire ainsi que nos comportements. Le jaune, par exemple, est une couleur mal aimée en occident au moyen âge. Elle est infamante, c’est la couleur des traîtres. Les impressionnistes la réhabilitent à la fin du XIXème et le sport utilise cette couleur pour symboliser la victoire au XXème . Pourtant les briseurs de grèves sont toujours appelés des jaunes. Une histoire colorée à découvrir.


Jean-Pierre Andrevon, Le monde enfin, Fleuve Noir, 2006, 20 euros

Au début du XXIe siècle, une terrible pandémie supprime la quasi-totalité de la population humaine en quelques jours. Le virus PISCRA est également responsable de la stérilité des rares survivants. Le sort de l’humanité semble scellé. Un roman de science-fiction dans lequel les destins des quelques survivants dessinent un monde en voie de disparition. Avec dans le désordre ou par ordre de disparition : un militaire qui se réveille 45 ans après la catastrophe dans une base américaine à l’abandon ; un vieillard traversant une France qui ressemble de plus en plus à un espace sauvage ; une petite fille élevée par sa mère dans une cave et qui devient la princesse des rats ; des astronautes envoyés juste avant la pandémie hors du système solaire et qui ont la surprise de revenir sur terre 40 ans plus tard ; une femme qui survit tant bien que mal pendant des années à la recherche d’un homme pour la féconder. Drôle de roman. Heureusement notre réalité est là pour nous rassurer. Enfin, j’espère...

Larry Beinhart, Le bibliothécaire, Gallimard, 2005, 24 euros

L’auteur de Reality Show nous revient une fois encore avec un thriller politique et s’en prend désormais à Bush fils et à son administration pour démonter le fonctionnement mafieux de cette aristocratie qui ne recule devant rien pour assouvir ses ambitions lucratives sous couvert de croisade pour le Bien. L’action se déroule à une semaine des élections présidentielles qui opposent la première candidate femme démocrate au président républicain sortant. David Golberg que rien ne prédispose à l’action se retrouve embauché comme bibliothécaire privé par Alan Stowe, vieil industriel sans scrupule et bailleur de fonds du parti Républicain, pour mettre de l’ordre dans ses archives. Mais cela n’est pas du goût de tout le monde et la Sécurité intérieure, milice au service du pouvoir, va tenter de se débarrasser de ce témoin gênant. Goldberg et ses acolytes doivent trouver l’information qui rend le bibliothécaire si dangereux. Manipulation de l’opinion publique, abus de pouvoir, corruption, lois liberticides... bref tout y passe dans cette critique aiguisée du pouvoir de l’argent.

Audrey, Jérôme et Anne-Claire Jouvray, Lincoln t.4 Châtiments corporels, Paquet, 2006, 11 euros

Une nouvelle aventure d’un antihéros qui fait ouvertement et continuellement la gueule, traînant sa vie sans en tirer la moindre satisfaction, j’ai nommé Lincoln, tête de pioche devant l’Eternel (et ce n’est pas une métaphore !). Pour ceux qui n’ont pas suivi, rappelons que Lincoln est né dans un bordel duquel il s’est fait éjecter à coup de bottes pour tomber directement dans les bras de Dieu, petit paysan à sandales, que les brebis égarées émeuvent. Après lui avoir conféré l’immortalité, Dieu entend bien faire de notre pauvre bougre son disciple, justicier sur terre. Mais la tâche est rude surtout quand le diable s’en mêle. Après maintes péripéties et cinq ans de silence divin, nous retrouvons Lincoln chef de brigade véreux à New York, à nouveau harcelé par le petit dieu à sandales qui aurait bien une petite mission à lui faire accomplir. L’action finale est parfaitement désopilante et les dialogues toujours aussi bons. Ah ! bonté divine quand tu nous tiens !

Domenico Losurdo, Le révisionnisme en histoire, Albin Michel, 2006 - 24 euros

Où l’on apprend que la culture libérale est à l’origine de la terreur de masse et du totalitarisme du XXe siècle. Diantre, le libéralisme ne sera pas la panacée annoncée !

Offensive

Cette revue trimestrielle, coûte 3 euros et contient d’excellents dossiers (culture de classe ou [in] culture de masse pour le numéro de mars). Si la vulgate ultra-libérale commence à vous courir sur le haricot, vous allez en redemander.

Kawakami Hiromi, Les années douces, Piquier poche, 2005 - 7,50 euros.

Un roman japonais qui questionne subtilement les rapports de l’amour et de la vieillesse. Tsukiko croise par hasard son ancien professeur de japonais. Ils se rapprochent insensiblement au fil du temps dans un quotidien fait de simplicité, conté avec une délicatesse envoûtante.

Transfuge.

Une revue de littérature étrangère bimestrielle bien documentée qui mérite le détour malgré un tarif un peu onéreux (8,50 euros).

Alain Dewerpa, Charonne, 8 février 1962, Folio, 2006 - 10 euros.

Une anatomie de la violence d’état et du meurtre politique en démocratie. Un travail fouillé sur une répression tragique avec dans les premiers rôles un certain Papon.

Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta, coll. Babel, Actes Sud, 2006
Vient de sortir en poche ce texte gorgé de soleil, de dureté et d’humanisme ; l’histoire d’une famille des Pouilles au sud de l’Italie, d’une lignée fondée sur un viol. Sur les versants âpres et rocailleux de Montepuccio, auxquels ils sont éperdument attachés, les Scorta, pauvres et maudits, se transmettent à travers les générations une fierté farouche et une rage de vivre nées d’un secret.

Serge Latouche, Survivre au développement, Mille et une nuits, 2005, 2,50 euros

Un économiste engagé dans la critique de l’économisme et du développementisme. Pas de grandes théories mais un discours clair et accessible pour remettre les pendules à l’heure. “Selon le rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) de 1998, si la richesse de la planète a été multipliée par six depuis 1950, le revenu moyen des habitants (dans 100 des 174 pays recensés) est en pleine régression, tout comme l’espérance de vie. Les trois personnes les plus riches du monde ont une fortune supérieure au PIB total des 48 pays les plus pauvres ! Le patrimoine des 15 individus les plus fortunés dépasse le PIB de toute l’Afrique subsaharienne. La fortune des 32 personnes les plus riches du monde dépasse le PIB total de l’Asie du sud. Les avoirs des 84 personnes les plus riches surpassent le PIB de la Chine avec son 1,2 milliard d’habitants !” Des chiffres et des mises en rapport qui donnent à réfléchir sur notre système économique et ses finalités.

 

 

 



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