L’université de Caen figure parmi les 12 campus français qui affichent encore une ferme opposition aux réformes (selon la carte google map éditée sur le web depuis quelques heures). En AG hier (mardi 12 mai), les étudiants caennais ont reconduit le blocage de certains bâtiments à l’issu de multiples votes. Le soir même, les forces de l’ordre intervenaient sur le campus I (Lettres) pour disperser une réunion du comité de lutte. La tension monte.



Jusqu’où iront les opposants à la réforme des universités ? "On continuera tant que l’AG sera représentative et votera le blocage". Un étudiant proche du comité de lutte tient en main les résultats de l’AG. Il se dirige vers le Phénix où ils seront promulgués. Il est 17 heures, l’AG a commencé le matin vers 10h30. C’est la plus longue du mouvement, certains membres de l’assistance se plaisent déjà à la qualifier d’historique. Les débats ont été tout aussi passionnés que les précédentes (et désormais traditionnelles) AG du mardi, mais c’est surtout la phase des votes qui a prolongé de façon exceptionnelle la durée de l’assemblée. Dans le but de faire oublier les polémiques qui ont suivi l’AG de la semaine dernière (lire ici), les organisateurs des votes ont joué cette semaine la carte de la transparence. Après de multiples consultations visant à déterminer les modalités du vote, le très attendu duel pour ou contre le blocage s’est finalement déroulé. Au décompte des mains levées (mode de comptage utilisé depuis le début du mouvement), le score est favorable au débloqueurs à 9 voix près (1 337 pour le blocage, 1 351 contre le blocage, plus les abstentionnistes). Les calculettes s’agitent, les compteurs paniquent. Le constat est évident : c’est trop serré, il faut recompter. La marge d’erreur acceptable n’est pourtant toujours pas définie. L’AG propose aux étudiants confinés dans un hall des sports de moins en moins respirable, d’emprunter deux sorties différentes, la porte de droite pour les bloqueurs, celle de gauche pour les antibloqueurs. La procédure est de loin la plus pertinente étant donné la situation et l’affluence record qui complique les comptages : ce dernier vote donnera quelques 2 932 votants ! Cette fois-ci, les bloqueurs l’emportent de 304 voix (1 556 pour le blocage, 1 252 contre, 124 abstentions). Ici ou là, on brandit les grands mots : démocratie, liberté. On s’étonnera évidemment, non pas du revirement de situation entre le vote à main levé et le comptage au portique, mais bien de l’écart entre les deux modes de scrutin. On passe de 9 voix d’écart dans un sens à 304 dans l’autre : l’abstention a-t-elle changé d’avis entre-temps ? Ou bien le comptage des mains levées est-il à ce point si peu fiable ? De quoi se poser des questions sur la validité, ou plutôt dirons-nous la légitimité des votes à main levé les semaines précédentes. Que l’apprentissage de la démocratie est parsemé d’embûches ! Il revient cruellement à  l’esprit des mobilisés (pour et contre ce mouvement) que la démocratie est un idéal à atteindre et que son édification ne peut pas être parfaite.


Pour les bloqueurs, les comptes sont parlants. L’opposition aux réformes convainc de plus en plus d’étudiants, il suffit pour cela de relever les chiffres des quatre dernières AG. 600 bloqueurs, puis 900, 1 200 et cette semaine plus de 1 500. Passé 17h30, quelques centaines d’étudiants ultra-déterminés ont pris la route direction le périph pour une nouvelle manif. Le soir même, selon un communiqué du comité de lutte, une réunion tenue vers 20 h sur le campus 1 a pris fin par l’intervention des forces de l’ordre. " Lors du comité de lutte, les étudiants se sont réunis dans l’amphithéâtre Dumont D’Urville (bâtiment sciences, actuellement fermé). Ils ont alors été informés de la présence des forces de l’ordre dans l’enceinte de l’université sur demande de la présidente. Dans un esprit de non-confrontation, les étudiants ont quitté les lieux afin de poursuivre le comité de lutte hors des bâtiments. Dès lors, un nombre disproportionné de gendarmes mobiles (9 fourgons) est intervenu et a perturbé le comité de lutte. Ses membres, au nombre de 70, se sont vus parqués et la police a procédé à un contrôle d’identité avec photo. Au final, 66 contrôles d’identité ont été effectués, quelques fouilles de sacs ainsi que la convocation d’une étudiante au poste de police. Nous tenons à signaler que ce même jour, un étudiant a été convoqué au poste de police pour « affaire le concernant » et s’en est suivi une garde à vue de 10h ainsi qu’une perquisition à son domicile sans motif réellement valable. Il est sorti sans poursuite."La situation sur l’université de Caen s’envenime. L’année d’étude en cours arrive à un point de non-retour qui voit s’opposer, et c’est là le plus étrange de la situation, des opposants à la L.R.U (majoritaires du moins parmi les présents aux AG, mais rappelons tout de même que les absents ont toujours tort) qui se disputent sur les modalités de lutte.




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L’université de Caen figure parmi les 12 campus français qui affichent encore une ferme opposition aux réformes (selon la carte google map éditée sur le web depuis quelques heures). En AG hier (mardi 12 mai), les étudiants caennais ont reconduit le blocage de certains bâtiments à l’issu de multiples votes. Le soir même, les forces de l’ordre intervenaient sur le campus I (Lettres) pour disperser une réunion du comité de lutte. La tension monte.



Jusqu’où iront les opposants à la réforme des universités ? "On continuera tant que l’AG sera représentative et votera le blocage". Un étudiant proche du comité de lutte tient en main les résultats de l’AG. Il se dirige vers le Phénix où ils seront promulgués. Il est 17 heures, l’AG a commencé le matin vers 10h30. C’est la plus longue du mouvement, certains membres de l’assistance se plaisent déjà à la qualifier d’historique. Les débats ont été tout aussi passionnés que les précédentes (et désormais traditionnelles) AG du mardi, mais c’est surtout la phase des votes qui a prolongé de façon exceptionnelle la durée de l’assemblée. Dans le but de faire oublier les polémiques qui ont suivi l’AG de la semaine dernière (lire ici), les organisateurs des votes ont joué cette semaine la carte de la transparence. Après de multiples consultations visant à déterminer les modalités du vote, le très attendu duel pour ou contre le blocage s’est finalement déroulé. Au décompte des mains levées (mode de comptage utilisé depuis le début du mouvement), le score est favorable au débloqueurs à 9 voix près (1 337 pour le blocage, 1 351 contre le blocage, plus les abstentionnistes). Les calculettes s’agitent, les compteurs paniquent. Le constat est évident : c’est trop serré, il faut recompter. La marge d’erreur acceptable n’est pourtant toujours pas définie. L’AG propose aux étudiants confinés dans un hall des sports de moins en moins respirable, d’emprunter deux sorties différentes, la porte de droite pour les bloqueurs, celle de gauche pour les antibloqueurs. La procédure est de loin la plus pertinente étant donné la situation et l’affluence record qui complique les comptages : ce dernier vote donnera quelques 2 932 votants ! Cette fois-ci, les bloqueurs l’emportent de 304 voix (1 556 pour le blocage, 1 252 contre, 124 abstentions). Ici ou là, on brandit les grands mots : démocratie, liberté. On s’étonnera évidemment, non pas du revirement de situation entre le vote à main levé et le comptage au portique, mais bien de l’écart entre les deux modes de scrutin. On passe de 9 voix d’écart dans un sens à 304 dans l’autre : l’abstention a-t-elle changé d’avis entre-temps ? Ou bien le comptage des mains levées est-il à ce point si peu fiable ? De quoi se poser des questions sur la validité, ou plutôt dirons-nous la légitimité des votes à main levé les semaines précédentes. Que l’apprentissage de la démocratie est parsemé d’embûches ! Il revient cruellement à  l’esprit des mobilisés (pour et contre ce mouvement) que la démocratie est un idéal à atteindre et que son édification ne peut pas être parfaite.


Pour les bloqueurs, les comptes sont parlants. L’opposition aux réformes convainc de plus en plus d’étudiants, il suffit pour cela de relever les chiffres des quatre dernières AG. 600 bloqueurs, puis 900, 1 200 et cette semaine plus de 1 500. Passé 17h30, quelques centaines d’étudiants ultra-déterminés ont pris la route direction le périph pour une nouvelle manif. Le soir même, selon un communiqué du comité de lutte, une réunion tenue vers 20 h sur le campus 1 a pris fin par l’intervention des forces de l’ordre. " Lors du comité de lutte, les étudiants se sont réunis dans l’amphithéâtre Dumont D’Urville (bâtiment sciences, actuellement fermé). Ils ont alors été informés de la présence des forces de l’ordre dans l’enceinte de l’université sur demande de la présidente. Dans un esprit de non-confrontation, les étudiants ont quitté les lieux afin de poursuivre le comité de lutte hors des bâtiments. Dès lors, un nombre disproportionné de gendarmes mobiles (9 fourgons) est intervenu et a perturbé le comité de lutte. Ses membres, au nombre de 70, se sont vus parqués et la police a procédé à un contrôle d’identité avec photo. Au final, 66 contrôles d’identité ont été effectués, quelques fouilles de sacs ainsi que la convocation d’une étudiante au poste de police. Nous tenons à signaler que ce même jour, un étudiant a été convoqué au poste de police pour « affaire le concernant » et s’en est suivi une garde à vue de 10h ainsi qu’une perquisition à son domicile sans motif réellement valable. Il est sorti sans poursuite."La situation sur l’université de Caen s’envenime. L’année d’étude en cours arrive à un point de non-retour qui voit s’opposer, et c’est là le plus étrange de la situation, des opposants à la L.R.U (majoritaires du moins parmi les présents aux AG, mais rappelons tout de même que les absents ont toujours tort) qui se disputent sur les modalités de lutte.



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