(Bande-annonce à découvrir). A 26 ans, Gillian Caufourier*, réalisateur caennais, lance sur le web la bande-annonce d’Accoutumance, son premier long-métrage. Sa sortie régionale est prévue au printemps (avec l’appui du cinéma Lux) et devrait tourner dans les lycées bas-normands.


Son addiction à lui c’est le cinéma. Il fréquente assidument les salles d’art et essai, a tout naturellement opté pour des études supérieures en Arts du Spectacles (à l’Université de Caen option cinéma), mais brûlait d’impatience de plaquer son œil droit sur le viseur d’une caméra. « La Fac, ça restait trop théorique ». L’étudiant avait d’ailleurs, parallélement à ses cours, commencé à jeter sur papier les lignes de son premier scénar. Il lui faudra deux années d’écriture en solo avant de rencontrer une association de jeunes réalisateurs et techniciens, caennaise elle-aussi : Les Films du Cartel. L’idée de Gillian allait pouvoir prendre corps. Ensemble, ils se lancent dans les démarches administratives qui leur permettront de décrocher un budget confortable pour la réalisation d’un premier film. Et c’est la thématique du long métrage de Gillian qui ouvre la porte des financements publics. Fin 2007, le Défi Jeune (qui octroie des bourses du Ministère de la Jeunesse), attribue 8 500 euros à la réalisation d’Accoutumance, la municipalité de Caen apporte également son soutien financier. Au total, l’aventure cinématographique rassemble quelques 10 000 euros. « Je voulais porter à l’écran un regard sur le jeunesse qui ne soit pas caricatural, qui soit proche de la réalité avec une veine sociologique (…) Ce film est une réaction à ce qu’on voit dans les séries TV et qui sont à des années lumières de notre quotidien ». Une façon de rendre « moins belle la vie » des jeunes adultes, si richement dépeinte dans les séries Melrose Place ou Beverly Hills, ou si souvent résumée, dans l’Hexagone, à une accumulation de blagues potaches.
Projet ambitieux qui emmènera à travers la Basse-Normandie, Ambre, Théo et Reda, les trois personnages centraux de ces chroniques de l’ordinaire, sur 30 jours de tournage entre février et décembre 2008. « C’est un film sur les dépendances. Les dépendances aux drogues, aux alcools mais aussi sur les obsessions qui lient les êtres ». Soirées, délires post-ados, défonces et bad-trips sont entrecoupés de rêves étranges et de séquences où s’expriment d’inaltérables soifs d’idéal. « C’est vrai que plusieurs jeunes vomissent et prennent des rails de coke dans ce film, mais l’idée est que le spectateur s’y retrouve et qu’à travers ce regard, les parents puissent mieux comprendre cette espèce assez étrange et mystérieuse que sont les jeunes ». Cette démarche devrait placer Accoutumance au cœur de projets pédagogiques à l’encontre des lycéens de la région. « Plutôt que de porter un regard moralisateur, l’idée de ce film est d’essayer de responsabiliser les comportements en disant que cela passe par la conscience de ses limites et le contrôle qu’on peut avoir de ses propres dépendances ». Pour cette « comédie dramatique » (selon l’expression de son auteur), imprégnée de la vision subjective de ses personnages qu’il se plaît à montrer sous leurs aspects les plus contradictoires, en dépeignant tant les solidarités qui les lient, leurs envies que leurs tentations de repli ou même de retrait et d’abstraction du monde, le jeune réalisateur a convoqué une quarantaine de talents de Caen et du Calvados. Ce soutien précieux (et bénévole) a offert à Gillian, de quoi pousser dans ses retranchements ses exigences et sa première expérience : « Toutes les erreurs du débutant y sont passées mais tout le monde s’est investi à 100 %. Nous avons pu monter une vraie équipe de techniciens (25 personnes) ». Pour l’heure, le montage n’est toujours pas terminé mais nous espérons qu’Acoutumance sera à l’image de sa bande-annonce : intense, soigné, drôle aussi et délicatement mis en musique par Ybrid, artiste de la scène électro, qui signe l’intégralité de la bande-son du film (un luxe certain pour un premier ouvrage) !

* Récemment arrivé comme chroniqueur ciné dans les colonnes du Bouffon.

Plus d’infos sur Les Films du Cartel.

 
 
 



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(Bande-annonce à découvrir). A 26 ans, Gillian Caufourier*, réalisateur caennais, lance sur le web la bande-annonce d’Accoutumance, son premier long-métrage. Sa sortie régionale est prévue au printemps (avec l’appui du cinéma Lux) et devrait tourner dans les lycées bas-normands.


Son addiction à lui c’est le cinéma. Il fréquente assidument les salles d’art et essai, a tout naturellement opté pour des études supérieures en Arts du Spectacles (à l’Université de Caen option cinéma), mais brûlait d’impatience de plaquer son œil droit sur le viseur d’une caméra. « La Fac, ça restait trop théorique ». L’étudiant avait d’ailleurs, parallélement à ses cours, commencé à jeter sur papier les lignes de son premier scénar. Il lui faudra deux années d’écriture en solo avant de rencontrer une association de jeunes réalisateurs et techniciens, caennaise elle-aussi : Les Films du Cartel. L’idée de Gillian allait pouvoir prendre corps. Ensemble, ils se lancent dans les démarches administratives qui leur permettront de décrocher un budget confortable pour la réalisation d’un premier film. Et c’est la thématique du long métrage de Gillian qui ouvre la porte des financements publics. Fin 2007, le Défi Jeune (qui octroie des bourses du Ministère de la Jeunesse), attribue 8 500 euros à la réalisation d’Accoutumance, la municipalité de Caen apporte également son soutien financier. Au total, l’aventure cinématographique rassemble quelques 10 000 euros. « Je voulais porter à l’écran un regard sur le jeunesse qui ne soit pas caricatural, qui soit proche de la réalité avec une veine sociologique (…) Ce film est une réaction à ce qu’on voit dans les séries TV et qui sont à des années lumières de notre quotidien ». Une façon de rendre « moins belle la vie » des jeunes adultes, si richement dépeinte dans les séries Melrose Place ou Beverly Hills, ou si souvent résumée, dans l’Hexagone, à une accumulation de blagues potaches.
Projet ambitieux qui emmènera à travers la Basse-Normandie, Ambre, Théo et Reda, les trois personnages centraux de ces chroniques de l’ordinaire, sur 30 jours de tournage entre février et décembre 2008. « C’est un film sur les dépendances. Les dépendances aux drogues, aux alcools mais aussi sur les obsessions qui lient les êtres ». Soirées, délires post-ados, défonces et bad-trips sont entrecoupés de rêves étranges et de séquences où s’expriment d’inaltérables soifs d’idéal. « C’est vrai que plusieurs jeunes vomissent et prennent des rails de coke dans ce film, mais l’idée est que le spectateur s’y retrouve et qu’à travers ce regard, les parents puissent mieux comprendre cette espèce assez étrange et mystérieuse que sont les jeunes ». Cette démarche devrait placer Accoutumance au cœur de projets pédagogiques à l’encontre des lycéens de la région. « Plutôt que de porter un regard moralisateur, l’idée de ce film est d’essayer de responsabiliser les comportements en disant que cela passe par la conscience de ses limites et le contrôle qu’on peut avoir de ses propres dépendances ». Pour cette « comédie dramatique » (selon l’expression de son auteur), imprégnée de la vision subjective de ses personnages qu’il se plaît à montrer sous leurs aspects les plus contradictoires, en dépeignant tant les solidarités qui les lient, leurs envies que leurs tentations de repli ou même de retrait et d’abstraction du monde, le jeune réalisateur a convoqué une quarantaine de talents de Caen et du Calvados. Ce soutien précieux (et bénévole) a offert à Gillian, de quoi pousser dans ses retranchements ses exigences et sa première expérience : « Toutes les erreurs du débutant y sont passées mais tout le monde s’est investi à 100 %. Nous avons pu monter une vraie équipe de techniciens (25 personnes) ». Pour l’heure, le montage n’est toujours pas terminé mais nous espérons qu’Acoutumance sera à l’image de sa bande-annonce : intense, soigné, drôle aussi et délicatement mis en musique par Ybrid, artiste de la scène électro, qui signe l’intégralité de la bande-son du film (un luxe certain pour un premier ouvrage) !

* Récemment arrivé comme chroniqueur ciné dans les colonnes du Bouffon.

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